jamais attendre !

Parisienne devant le Louvre

avantages mars 2013

Pas le temps d’attendre… dans une queue de deux kilomètres devant le Louvre par exemple, illustration pour Avantages,
mars 2013

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Instantané

- Tu ne veux pas enlever tes lunettes pour la photo ? 
Pas de réaction.
- Tu es pénible, je t’assure…
Si tu crois que ça m’amuse. Elle jeta un coup d’œil par-dessus son épaule.
- Ne bouge pas ! Ca va être flou.
Autour des bassins de l’esplanade du Louvre, les Parisiens prenaient le soleil de janvier comme si c’était l’été. « Lucas, ne te penche pas, tu vas tomber ! » Un amoureux avait posé sur le genou de sa fiancée une main de propriétaire. « Je peux m’asseoir à côté de vous ? » A la place de cette fille, jamais je n’aurais accepté, pensa-t-elle en voyant un homme s’installer près d’une fille seule qui lisait. 
- Tu me regardes ?
« Lucas, qu’est-ce que je viens de dire ? Lucas ! » La voix de la mère changea. On entendit un bruit d’eau, des cris. La fiancée éclaboussée se leva précipitamment. « Pauvre petit, il va prendre froid ! » Le petit garçon grelottant balbutiait : « J’ai pas fait exprès, j’ai pas fait exprès. »
- Bon ! Cette fois c’est dans la boîte. On y va ? Qu’est-ce que tu regardes ?
Les amoureux envolés avaient changé de branche, l’homme était parti, la fille seule, son livre à la main, rêvait. Une petite fille accourut et plongea ses yeux dans le bassin. L’eau apaisée refléta son visage, le bleu du ciel, et cinq heures qui sonnaient. 
texte Eugénie Rambaud  
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La rentrée

Elle marche à vive allure en serrant contre elle le sac fraîchement acquis dans une boutique hors de prix, son cadeau de rentrée. Les bras qui hier encore se frottaient nus au soleil du Sud sont enserrés dans des manches longues, les pieds dans des bottines sévèrement lacées. Elle sautille entre les flaques, le sac bat sa hanche ; l’air des Tuileries sent l’humus et le sable mouillé, un coup de vent ébouriffe sa tignasse, elle prendrait le temps de rire si elle n’était pas si pressée. Mais un rayon de soleil crève le ciel d’ardoise comme elle passe devant le Café Marly – le souvenir la retient, du ciel immense, de la Pyramide illuminée et de la main qui tenait la sienne dans la douceur d’une nuit d’été.

texte Eugénie Rambaud


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